Accéder directement au contenu

Image d'illustration

Réseaux sociaux et l'IA : les nouveaux marionnettistes de la politique suisse ?

En Suisse, nous avons coutume de voir nos campagnes et nos villes se parer d'affiches durant les campagnes politiques pour les votations et les élections. Les médias organisent des débats à la télévision. Les candidats distribuent des tracts dans la rue et récoltent des signatures pour un référendum ou une initiative. Aujourd'hui, six semaines avant les élections aux chambres fédérales du 22 octobre 2023, le paysage a drastiquement changé. L'avènement des réseaux sociaux et de l'intelligence artificielle a bouleversé le monde de la politique. Les réseaux sociaux omniprésents et les intelligences artificielles génératives (GenAI) ont transformé les campagnes électorales modernes en battage d'un nouveau genre, à la fois fascinants et effrayants.

En effet, l'impact potentiel de l'IA sur les élections est un sujet sensible et à juste titre. Les avancées de la GenAI pourraient permettre la diffusion de la désinformation à une échelle sans précédent. Fini le temps où la désinformation était l'œuvre minutieuse (ou pas) de quelques individus malveillants. Aujourd'hui, une machine peut générer de faux textes et images avec une facilité déconcertante. Imaginez une campagne de désinformation orchestrée par des intelligences artificielles, inondant les électeurs d'informations erronées et biaisées. Un cauchemar pour les démocraties, n'est-ce pas ?

Cependant, comme le rapporte un article de The Economist [1], convaincre les électeurs est une tâche herculéenne, en particulier sur des questions politiques importantes. Personnellement, je ne suis pas entièrement d'accord avec ce point de vue. En effet, les réseaux sociaux peuvent amplifier notre exposition à des messages politiques spécifiques et créer des bulles idéologiques. L'IA peut intensifier ce phénomène, en produisant des messages susceptibles de nous attirer plus rapidement dans cette spirale de désinformation.

Néanmoins, même si cette perspective peut sembler effrayante, il est important de rester lucide. L'IA, aussi impressionnante soit-elle, a ses limites. Par exemple, abandonnée à elle-même, elle pourrait créer des images de personnes avec quatre ou six doigts, ou avec un œil bleu et un vert. Elle pourrait rédiger des messages contradictoires, ce qui n'est pas très crédible pour une campagne de désinformation, n'est-ce pas ? Et puis, l'effort humain n'a jamais vraiment été le facteur limitant dans la production de désinformation. Après tout, bien avant l'avènement de l'IA, des individus comme l'ex-président Donald T. étaient parfaitement capables de propager toutes sortes d'idées destructrices.

Cela ne signifie pas pour autant que nous devrions baisser la garde. Les plateformes de réseaux sociaux et les entreprises d'IA sont pleinement conscientes des risques et travaillent à la détection des opérations d'influence politique. Mais la régulation volontaire a ses limites, et il est clair que nous avons besoin d'une régulation plus forte et plus cohérente.

A ce titre, Meta, la société mère de Facebook, a récemment pris conscience que les dirigeants mondiaux pourraient utiliser sa plateforme pour inciter à la violence contre leurs propres citoyens et leurs adversaires politiques [2]. Suite à l'attaque du Capitole américain, Meta a suspendu le compte de l'ex-président Donald Trump et a annoncé une nouvelle politique sur l'incitation à la violence par les personnalités publiques.

Toutefois, les règles de Meta en matière de transparence des publicités pour les "questions sociales, les élections ou la politique" ne sont pas toujours appliquées de manière cohérente. Wired a rapporté un exemple flagrant de cette incohérence dans un article intitulé "Meta n'applique pas sa propre politique en matière d'annonces politiques" [3]. L'article faisait référence à PragerU, un groupe de droite qui a pu diffuser ses messages aux utilisateurs sans avoir à divulguer ses motivations ou son financement. Meta dispose également d'un système de révision des publicités largement automatisé, ce qui rend difficile l'identification des violations de ses politiques. Ces incohérences empêchent les organismes de surveillance de comprendre l'impact réel de l'exposition des gens à des messages politiques ou partisans.

Il est donc essentiel que nous ayons des règles claires et cohérentes en matière de publicité portant sur un enjeu social, électoral ou politique. En Suisse, tout annonceur qui souhaite créer ou modifier des publicités ciblant ce pays, et faisant référence à des personnalités et partis politiques ou à des élections (y compris les campagnes d’incitation au vote), doit suivre les règles de Meta [4] sur les plateformes du groupe : Facebook, Instagram. Ils doivent suivre une procédure d'autorisation et ajouter un avertissement "Financé par" sur leurs publicités. Ces publicités doivent également être enregistrées dans la bibliothèque publicitaire de Meta, ce qui permet aux chercheurs et aux organismes de surveillance d'avoir une meilleure visibilité sur les campagnes menées.

Pour conclure, même si l'IA et les réseaux sociaux offrent un potentiel énorme pour révolutionner le monde, ils présentent également de sérieux défis et risques, en particulier en matière de campagnes politiques. Il nous faut être vigilants. En Suisse, certains partis politiques ont réclamé une charte de bonne conduite sur l'intelligence artificielle durant la campagne pour les chambres fédérales. Et vous, quel est votre avis sur la question ? Pensez-vous que l'IA et les réseaux sociaux jouent un rôle dans les campagnes politiques ? Quel rôle la régulation devrait-elle jouer dans ce contexte ? Je serais ravi de connaître votre point de vue.

 

[1] The Economist, How worried should you be about AI disrupting elections?, https://www.economist.com/leaders/2023/08/31/how-artificial-intelligence-will-affect-the-elections-of-2024, publié le 31 août 2023, consulté en ligne le 2 septembre 2023

[2] Vittoria Elliott, Wired, Facebook’s 2024 Election Policy May Hinge on a Cambodian Video, https://www.wired.com/story/meta-prageru-advertising/, publié le 23 août 2023, consulté en ligne le 3 septembre 2023

[3] Vittoria Elliott, Wired, Meta Isn’t Enforcing Its Own Political Ads Policy, While the 2024 US Election Looms, https://www.wired.com/story/meta-prageru-advertising/, publié le 1er septembre 2023, consulté en ligne le 3 septembre 2023

[4] Meta Business, Obtenir l’autorisation de diffuser des publicités portant sur un enjeu social, électoral ou politique, https://www.facebook.com/business/help/208949576550051?id=288762101909005, consulté en ligne le 4 septembre 2023

Cet article a été pimpé avec l'aide de ChatGPT, un modèle de langage avancé développé par OpenAI. Le recours à ChatGPT (version : gpt-4 de l'API) pour la rédaction de cet article permet de faciliter le processus de création de contenu. Il est essentiel de rappeler que ChatGPT est un outil automatisé et ne saurait remplacer les conseils ou l'expertise d'un professionnel qualifié. En outre, pour garantir son exactitude et sa pertinence, le contenu de cet article a été rigoureusement revu et approuvé par Olivier Leclère avant sa publication.

Mots-clés

Articles similaires

Commentaires

  • Pas de commentaire